Patrimoine Scientifique de l'Université de Strasbourg

Logo de l'Université de StrasbourgDossier : inventaire topographique ; enquête thématique régionale (patrimoine scientifique de l'Université de Strasbourg : Musée de sismologie et de magnétisme terrestre)

Alsace, Bas-Rhin, Strasbourg


Présentation de la collection d'instruments de sismologie

Localisation

Commune : Strasbourg
Numéro INSEE de la commune : 67482
Aire d'étude : Strasbourg

Désignation

Parties constituantes non étudiées :

Eléments d'historique

Commentaire historique :

Présentation de la collection de sismologie (exposition permanente) La collection de sismologie exposée dans le musée est composée de 23 appareils : 20 sismomètres, ainsi qu´une horloge, un système d´enregistrement et un galvanomètre qui fonctionnaient en liaison avec les instruments de mesure. Les instruments les plus volumineux sont exposés dans leurs salles où ils étaient utilisés à l´origine. Les autres appareils, dits « déplaçables », sont installés dans une pièce de l´extension de la station aménagée en salle d´exposition.

Histoire et spécificité de la collection L´ensemble des instruments présentés est lié à l´histoire de la station. Celle-ci fonctionne jusque dans les années 1970 où le « bruit » sismique généré par l´activité urbaine impose par la suite la réalisation de mesures à l´écart de la ville. La station devient alors un lieu de stockage des archives mais les instruments qui y ont autrefois fonctionnés sont maintenus sur place, progressivement rejoints par d´autres appareils devenus obsolètes. C´est à la faveur de la commémoration, en 1992, du centenaire de la première mesure sismique réalisée avec l´appareil de Rebeur-Paschwitz à Strasbourg, que naît l´idée de transformer l´ancienne station de sismologie en musée et de présenter les anciens instruments qu´elle contient, remis en état de marche.

« Diversité » est sans aucun doute le terme qui qualifie le mieux la composition de la collection du musée qui ouvre ses portes en 1996. S´appuyant sur la présentation au fil du temps de l´innovation technique centrée sur l´instrument de mesure en sismologie, cet ensemble regroupe ainsi des objets dont le fonctionnement, les concepteurs, les utilisateurs, les objectifs ainsi que les lieux et contextes de production et d´utilisation, sont très divers. Prototype, exemplaire unique ou appareil fabriqué en grande série, production locale ou développé partout dans le monde, cette richesse permet à chaque objet de raconter une histoire, que la présence à l´Ecole et Observatoire de la Terre de Strasbourg d´une importante documentation iconographique, bibliographique et archivistique permet de retracer. Mais la variété des instruments n´enlève pas à l´ensemble sa cohérence puisque tous les appareils préservés ont un lien avec la station strasbourgeoise.

La station de sismologie de Strasbourg constitue un lieu d´exception du point de vue patrimonial : elle correspond au seul site permettant de montrer in situ une collection aussi importante par le nombre, la diversité et la valeur tant scientifique qu´historique des instruments. Sa vocation est à la fois locale - les appareils qui y sont montrés ont tous fonctionné en liaison avec la station et sont les témoins authentiques de son activité au sein de l´université - et généraliste puisque les appareils présentés permettent de retracer dans son ensemble l´histoire d´une branche spécifique de l´instrumentation de précision de ses origines à nos jours, celle des sismomètres et des sismographes.

Les catégories Les premiers sismomètres optiques et mécaniques Lorsque la station de sismologie est créée, en 1900, l´équipement en instruments est composé des éléments suivants : - trois instruments à enregistrement optique : deux instruments mis au point par Ernst Ehlert, dont un est présenté dans le musée, et un pendule horizontal inventé par John Milne, instrument aujourd´hui perdu. - trois instruments à enregistrement mécanique : les deux pendules Vicentini, toujours en place, un premier pendule horizontal construit par la société Bosch de Strasbourg ainsi qu´un second modifié par le sismologue japonais Omori et commercialisé par la même société sous le nom Bosch-Omori. Cet appareil est aujourd´hui manquant. Cet ensemble est complété dans les années qui suivent par les imposants sismomètres mécaniques dont la technologie a été mise au point par Emil Wiechert. Formant véritablement corps avec le bâtiment de la station, ces instruments, souvent considérés comme les pièces maîtresses de la collection du musée, sont effectivement exceptionnels, tant par leur dimension que par leur valeur historique et scientifique. La présentation d´une grande partie de cet équipement d´origine participe à la qualité patrimoniale de l´ensemble.

Les sismomètres électromagnétiques A partir de 1910, la station est dotée de sismomètres électromagnétiques, appareils représentant une grande avancée technologique car ils rendent possible une amplification beaucoup plus importante des mouvements du sol. Ces derniers ont été conservés et permettent au musée de présenter aujourd´hui un ensemble complet de mesure et d´enregistrement des séismes équipé de ce système révolutionnaire, mis au point par le sismologue russe Galitzine.

La sismologie appliquée : les sismomètres de terrain Les travaux du géophysicien allemand Ludger Mintrop, élève d´Emil Wiechert, participent à la construction d´une nouvelle discipline, dotée de ses propres objectifs et méthodes : la prospection sismique. Les recherches sur les ondes artificielles ne sont plus simplement pratiquées de façon secondaire, pour faire la preuve de questionnements portant sur les séismes en général ; elles sont désormais faites à des fins prospectives, pour mieux connaître les couches intérieures de la Terre et reconnaître les gisements de minerais ou de pétrole potentiellement rentables, à l´aide d´instruments portatifs développés spécialement pour cet usage et faisant l´objet de brevets déposés. Le musée préserve dans ses collections quelques-uns de ces appareils de terrain : le sismomètre mis au point par le pionnier Mintrop durant la Première Guerre Mondiale et quelques exemplaires du sismomètre Willmore datant pour les premiers des années 1950 jusqu´aux années 1970 pour les plus récents.

La sismologie et la détection d´explosions nucléaires Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, des centaines de stations de sismologie sont opérationnelles. Mais ce développement a engendré la multiplication d´instruments qui, s´ils ont fait l´objet d´un perfectionnement constant, ne sont pas pour autant calibrés les uns par rapport aux autres : leur degré de précision est inégal et la comparaison pour la recherche des données collectées reste un processus long et compliqué. Le contexte politique international tendu de la guerre froide rend par ailleurs nécessaire la veille en matière de détection des explosions nucléaires. Ces deux facteurs combinés expliquent l´émergence dans les années 1950 d´un certain nombre d´initiatives visant à la surveillance systématique des ondes de surface et à sa mise en réseau. Cette période est représentée dans les collections du musée par deux ensembles. Le premier, celui des sismomètres Press-Ewing, évoque la constitution du réseau américain Worldwide Standardized Seismograph Network (WWSSN), tandis que le second retrace l´élaboration du système de veille développé par Yves Rocard pour le Commissariat à l´Énergie Atomique.

Autres instruments Les autres appareils présentés dans la section de sismologie du musée permettent de montrer au public des exemples plus contemporains des progrès de la technologie appliquée à l´instrumentation de précision et témoignent d´activités plus récentes développées par l´EOST, soit depuis la station, soit depuis d´autres sites d´expérimentation comme les tunnels vosgiens de Bussang ou Sainte-Marie aux Mines (pendule de Melchior et pendule de Blum).


Documentation

Documents d'archives

Archives départementales du Bas-Rhin : série AL (Reichsland d'Alsace-Lorraine) 103. Généralités, création de l'Université (817 à 824). La station de sismologie (1012 à 1019). Fonds Edmond Rothé.

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Liens vers les dossiers

Région Alsace, Service de l'Inventaire et du Patrimoine - Université de Strasbourg, Jardin des Sciences. Enquêteur(s) : Issenmann Delphine.

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